Fiche technique - Zazie dans le métro
- 🎬 Titre : Zazie dans le métro
- 📅 Date de sortie : 1960
- 🎥 Réalisateur : Louis Malle
- 🖊️ Scénario : Louis Malle et Jean-Paul Rappeneau
- 🏭 Production : Consortium Pathé
- 🌍 Pays : France
- 📽️ Genre : Comédie burlesque
- 🎭 Acteurs principaux :
- Catherine Demongeot
- Philippe Noiret
- Hubert Deschamps
Résumé du film
Zazie arrive à Paris pour passer quelques jours chez son oncle Gabriel. Sa mère la lui confie avec un objectif clair : qu’elle prenne le métro. Mais Paris est en grève, le métro à l’arrêt, et le rêve de Zazie se transforme aussitôt en frustration. À partir de là, le film devient une course folle à travers la capitale. Zazie s’échappe, provoque, insulte, observe. Elle traverse des cafés, des rues, des attractions touristiques, croise une galerie de personnages grotesques et incontrôlables.
A propos de Louis Malle
Louis Malle occupe une place singulière dans le cinéma français. Trop indépendant pour être un pur représentant de la Nouvelle Vague, trop éclectique pour être associé à une école précise, il trace très tôt sa propre trajectoire. Après Ascenseur pour l’échafaud (1958), film noir moderne porté par la musique improvisée de Miles Davis, puis Les Amants (1958), scandaleux succès international, Malle s’impose comme un réalisateur audacieux, prêt à prendre des risques esthétiques et moraux.
Ce qui caractérise son cinéma, c’est une curiosité permanente :
- curiosité pour les êtres marginaux,
- pour les zones grises de la morale,
- pour les formes nouvelles de narration.
Avec Zazie dans le métro, Louis Malle surprend encore : il abandonne le drame psychologique pour une farce déchaînée, presque expérimentale, qui rompt brutalement avec le cinéma français traditionnel du tournant des années 60.
Du roman de Raymond Queneau au film
Zazie dans le métro est l’adaptation du roman de Raymond Queneau. Le roman est basé essentiellement sur la langue parlée, l’argot, les déformations phonétiques, le plaisir du mot tordu et du non-sens. Louis Malle comprend qu’il ne pourra pas en faire une adaptation fidèle. Il choisit une autre voie afin de traduire l’énergie du texte en langage cinématographique. Les jeux de mots deviennent des gags visuels, le rythme verbal devient un montage frénétique, l’absurde linguistique se transforme en burlesque visuel. Le film n’a pas pour objectif de représenter fidèlement le roman, mais plutôt d’entrer en conversation avec lui. Tandis que Queneau bouscule la langue française, Malle bouleverse quant à lui les conventions du cinéma traditionnel.
🎞️ Bande-annonce du film
Les personnages : une galerie grotesque
Zazie (Catherine Demongeot) : véritable tornade. Insolente, brutale, intelligente, souvent cruelle. Elle représente une enfance sans filtre, qui ne respecte ni les conventions sociales ni le langage policé. Zazie parle comme elle pense — et ce qu’elle pense n’est pas toujours aimable.
Gabriel (Philippe Noiret) : personnage à contre-courant. Doux, effacé, artiste de cabaret travesti, il brouille volontairement les repères de genre et d’autorité. Gabriel est sans doute le personnage le plus humain du film, presque le seul adulte tolérable aux yeux de Zazie.
Albertine : figure de la respectabilité bourgeoise, rapidement ridiculisée. Elle incarne l’hypocrisie sociale que le film s’amuse à dynamiter.
Les policiers : omniprésents, inefficaces, grotesques. Ils poursuivent tout le monde sans jamais comprendre quoi que ce soit. L’autorité devient ici un pur mécanisme absurde.
💡 Le saviez-vous ?
Une œuvre déroutante et moderne
Lors de sa sortie, Zazie dans le métro a suscité des avis partagés en raison de son caractère bruyant, anarchique et insolent. Aujourd’hui, ce film est reconnu pour son aspect moderne, préfigurant l’émergence d’un cinéma plus libre, ludique et irrévérencieux. Il se distingue par son rejet du récit classique, sa préférence pour une approche chaotique plutôt que conventionnelle, et son affirmation de l’excès comme choix artistique assumé.
Conclusion
Avec Zazie dans le métro, Louis Malle réalise un film unique et inclassable, bousculant les habitudes du cinéma français. Cette comédie déjantée, parfois fatigante mais souvent lumineuse, se distingue par sa liberté permanente. Peut-être que Zazie ne montera jamais dans le métro, mais elle nous invite à une aventure où le cinéma ose enfin s’affranchir des traditions.