Nosferatu le vampire

Nosferatu le vampire (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens)

Ce film compte parmi les premiers films d'horreur, un genre dont Murnau est considéré comme l’un des pionniers, il s’impose comme un chef-d’œuvre majeur du cinéma expressionniste allemand. Le comte Orlock est devenu une figure marquante, au point d’incarner une véritable icône du septième art.

Fiche technique - Nosferatu le vampire (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens)
L’histoire

En 1838, Thomas Hutter, commis d’agent immobilier, quitte sa jeune femme Ellen pour le château du comte Orlok dans les Carpates. Là-bas, Hutter découvre que le comte est en fait Nosferatu le vampire et est victime des morsures répétées du monstre. Celui-ci quitte son château dans un cercueil rempli de terre et, après un voyage en voilier au cours duquel il décime l'équipage terrorisé, va prendre livraison de sa nouvelle demeure, située face à celle de Hutter et Ellen…

La genèse du film

L’idée de porter un vampire à l’écran ne vient pas du réalisateur, mais d’un homme de l’ombre : Albin Grau. Producteur, décorateur, graphiste et surtout passionné d’occultisme, Grau n’a rien d’un producteur classique. Pour lui, le cinéma n’est pas seulement un divertissement : c’est un moyen de donner forme à l’invisible. Selon ses propres récits, c’est pendant la Première Guerre mondiale que naît son obsession. En Serbie, un paysan lui confie que son père, après sa mort, serait devenu un vampire. Anecdote troublante — qu’elle soit réelle ou réinterprétée — mais dont l’impact est immédiat. Grau est fasciné. De cette fascination naît une idée simple et radicale : faire du cinéma un terrain d’exploration des forces occultes. Nosferatu sera la concrétisation de cette ambition.

La création de Prana Film

En 1921, Albin Grau fonde sa propre société de production : Prana Film. Un nom loin d’être anodin. Dans les traditions orientales, le prana désigne l’énergie vitale, le souffle invisible qui traverse toute chose. Tout est déjà là. Grau ne cherche pas simplement à produire des films : il veut explorer le surnaturel, donner une forme visuelle à l’ésotérisme, et concevoir des œuvres presque initiatiques. Nosferatu doit être le premier chapitre de cette ambition.

🎞️ Bande-annonce du film
Une adaptation risquée

Pour concrétiser son projet, Prana Film se tourne vers le célèbre roman Dracula de Bram Stoker. Mais un obstacle majeur se dresse : les droits n’ont pas été acquis.

La solution adoptée est aussi simple que risquée :

Malgré ces transformations, la filiation reste évidente. La réaction ne tarde pas. La veuve de Stoker engage une action en justice… et obtient gain de cause. Le verdict est sans appel : toutes les copies du film doivent être détruites. Et pourtant, Nosferatu survit. Quelques bobines échappent à la destruction, permettant au film de traverser le temps. Sans ce hasard presque miraculeux, il aurait disparu… comme un vampire au lever du soleil.

Murnau à la réalisation

Pour mettre en images cette vision singulière, Grau fait appel à Friedrich Wilhelm Murnau. Déjà reconnu dans le paysage du cinéma allemand, Murnau s’inscrit dans le courant expressionniste, mais développe une approche très personnelle :

Avec Nosferatu, il ne se contente pas d’illustrer une histoire : il en construit la dimension sensorielle et inquiétante.

Le travail de mise en scène de Murnau

Murnau révolutionne le cinéma avec une approche très moderne pour l’époque :

Tournage en décors naturels

Contrairement aux films expressionnistes tournés en studio :

Composition visuelle

Narration fluide

Les trucages et effets spéciaux

Pas d’images de synthèse en 1922… mais beaucoup d’ingéniosité :

Accéléré et ralenti

Jeux de négatif

Stop motion

L’ombre iconique

La scène de l’escalier est devenue légendaire : une simple ombre projetée… plus terrifiante que le monstre lui-même.

Max Schreck : un vampire plus vrai que nature

L’acteur Max Schreck incarne le Comte Orlok avec une intensité troublante.

Son apparence :

  • Crâne chauve
  • Oreilles pointues
  • Dents de rat
  • Corps rigide et anguleux
Max Schreck dans Nosferatu
💡 Le saviez-vous ?
Le film a failli être totalement détruit après le procès
Le nom “Nosferatu” viendrait d’un mot roumain mal interprété
Le vampire meurt ici à cause de la lumière du soleil (idée popularisée ensuite)
Certaines scènes ont été tournées en Slovaquie et en Allemagne
Le budget était très limité, ce qui a poussé à inventer des solutions créatives
Le film a longtemps été considéré comme maudit
Il a influencé des réalisateurs comme Werner Herzog (remake en 1979)
L’ombre d’Orlok est devenue une icône du cinéma mondial
Le jeu de Max Schreck a inspiré des générations d’acteurs
Le film est aujourd’hui dans le domaine public, ce qui explique ses nombreuses restaurations
💿 Édition recommandée : comment voir Nosferatu aujourd’hui ?

Pour découvrir Nosferatu dans les meilleures conditions, l’édition proposée par Potemkine Films constitue une excellente référence pour les cinéphiles comme pour les curieux souhaitant redécouvrir ce classique du cinéma muet.

Édition conseillée
  • Éditeur : Potemkine Films
  • Date de sortie : 6 décembre 2022
  • Support : Blu-ray + DVD
  • Version : restaurée
  • Présentation : boîtier métal Futurepak limité
Pourquoi cette édition ?

Cette version restaurée permet d’apprécier pleinement la photographie du film, la richesse des contrastes et tout le travail visuel de Murnau. C’est aujourd’hui l’une des meilleures façons de voir Nosferatu dans un écrin digne de son importance dans l’histoire du cinéma.

Autres possibilités pour voir le film
  • En Blu-ray / DVD : la solution idéale pour profiter d’une restauration sérieuse et d’un confort de visionnage optimal.
  • En cinémathèque ou en projection spéciale : certaines séances accompagnées au piano ou en ciné-concert offrent une expérience proche de celle du cinéma muet d’origine.
  • En ligne : le film étant dans le domaine public, il circule facilement, mais la qualité des copies disponibles varie fortement.
À savoir

Toutes les versions de Nosferatu ne se valent pas. Certaines copies proposées en ligne présentent une image dégradée, une vitesse de projection incorrecte ou un accompagnement musical peu adapté. Pour ressentir toute la puissance du film, mieux vaut privilégier une version restaurée ou une projection patrimoniale.